Les différents styles d’attachement : comprendre ses relations affectives.
- Alexia Martini
- il y a 7 heures
- 3 min de lecture
Nos relations affectives ne se construisent pas par hasard. Elles prennent racine très tôt, dès l’enfance, à travers les liens que nous avons tissés avec nos figures d’attachement. Ces premières expériences relationnelles influencent profondément notre manière d’aimer, de nous attacher, de nous protéger… ou de fuir.
La théorie de l’attachement, développée par John Bowlby, permet de mieux comprendre ces mécanismes. Elle met en lumière différents styles d’attachement, que nous pouvons retrouver à l’âge adulte dans nos relations amoureuses, amicales ou familiales.

Qu’est-ce que l’attachement ?
L’attachement est le lien affectif profond qui unit un enfant à ses parents ou aux personnes qui prennent soin de lui. Lorsque l’enfant se sent en sécurité, entendu et protégé, il développe une base intérieure stable lui permettant d’explorer le monde et de construire des relations équilibrées.
À l’inverse, lorsque l’environnement est instable, imprévisible ou émotionnellement indisponible, l’enfant met en place des stratégies d’adaptation pour préserver le lien… parfois au prix de son propre bien-être émotionnel.
Ces stratégies deviennent plus tard des styles d’attachement.
Les quatre principaux styles d’attachement
1. L’attachement sécure
C’est le style d’attachement le plus apaisé.
Dans l’enfance :
Le parent est globalement disponible et cohérent.
L’enfant se sent rassuré lorsqu’il est en détresse.
Les émotions sont accueillies.
À l’âge adulte :
Capacité à faire confiance.
Relations stables et sécurisantes.
Facilité à exprimer ses besoins et ses émotions.
Autonomie émotionnelle tout en acceptant la dépendance affective saine.
👉 Ce style permet de vivre les relations comme un espace de sécurité et de croissance.
2. L’attachement anxieux
Dans l’enfance :
Le parent est imprévisible : parfois présent, parfois absent.
L’enfant ne sait pas à quoi s’attendre.
Il développe une hypervigilance émotionnelle.
À l’âge adulte :
Peur intense de l’abandon.
Besoin constant de réassurance.
Dépendance affective.
Relations fusionnelles ou instables.
Difficulté à être seul.
👉 L’amour est souvent vécu dans l’angoisse de perdre l’autre.
3. L’attachement évitant
Dans l’enfance :
Le parent est émotionnellement distant ou intrusif.
Les émotions de l’enfant sont peu reconnues.
L’enfant apprend à se débrouiller seul.
À l’âge adulte :
Difficulté à s’engager émotionnellement.
Peur de la dépendance.
Besoin excessif d’autonomie.
Tendance à minimiser les émotions.
Fuite de l’intimité.
👉 La relation peut être vécue comme une menace pour la liberté personnelle.
4. L’attachement désorganisé
C’est le style le plus complexe.
Dans l’enfance :
La figure d’attachement est aussi source de peur (violence, négligence, incohérence).
L’enfant est pris dans un paradoxe : vouloir se rapprocher et fuir en même temps.
À l’âge adulte :
Relations chaotiques.
Difficulté à faire confiance.
Peur de l’abandon et de l’intimité.
Comportements contradictoires.
Anxiété relationnelle profonde.
👉 L’amour est souvent associé à la peur et à la confusion.
Peut-on changer de style d’attachement ?
Oui, et c’est un point essentiel.
Le style d’attachement n’est pas une fatalité. Il s’agit d’un fonctionnement adaptatif, qui peut évoluer grâce à des expériences relationnelles sécurisantes, et notamment grâce à la thérapie.
La thérapie offre un espace où :
les émotions peuvent être reconnues et contenues,
les schémas relationnels inconscients peuvent être mis en lumière,
une nouvelle sécurité intérieure peut se construire.
L’apport de la thérapie et de l’art-thérapie
En thérapie et en art-thérapie, le travail sur l’attachement permet d’explorer :
les blessures affectives précoces,
les besoins non satisfaits,
les mécanismes de protection mis en place.
L’art-thérapie offre un langage symbolique, corporel et émotionnel, permettant d’exprimer ce qui n’a pas toujours pu être dit avec des mots, et de transformer progressivement la relation à soi et aux autres.
En conclusion
Comprendre son style d’attachement, c’est faire un pas essentiel vers plus de conscience, de liberté et de douceur dans ses relations.C’est aussi reconnaître que nos difficultés relationnelles ont un sens, une histoire, et qu’il est possible de les transformer.
Si vous ressentez des souffrances relationnelles répétitives, la thérapie peut être un chemin précieux pour vous reconnecter à une sécurité intérieure durable.



Commentaires